Situé en Île-de-France, le Val-de-Marne se distingue par une forte densité urbaine et une diversité géologique influençant directement les projets de construction et d’aménagement. La nature des sols, façonnée par l’histoire géologique de la région, impose des défis techniques majeurs qu’il est indispensable d’anticiper afin d’assurer la stabilité des infrastructures et la durabilité des ouvrages.
Autrement dit, les sols argileux, sujets au retrait-gonflement, les anciennes carrières souterraines à l’origine d’affaissements, les zones alluviales sensibles aux tassements différentiels et les risques d’inondation nécessitent des analyses approfondies. Cet article examine en détail ces problématiques et les solutions envisageables pour adapter les projets aux spécificités locales.
Les sols argileux et le phénomène de retrait-gonflement

Le Val-de-Marne est en partie recouvert de sols argileux, dont le comportement est particulièrement influencé par la teneur en eau. Ces formations argileuses, présentes notamment dans certaines communes du département comme Créteil, Champigny-sur-Marne et Orly, sont sujettes à des variations volumétriques importantes, un phénomène connu sous le nom de retrait-gonflement.
Lorsque la teneur en eau diminue en période de sécheresse, les sols argileux se contractent, provoquant des affaissements localisés. À l’inverse, en période humide, ces sols se gonflent, générant des poussées sur les fondations. Ce cycle de variations volumétriques induit des contraintes mécaniques sur les bâtiments, se traduisant par l’apparition de fissurations et, dans certains cas, de tassements différentiels.
Pour prévenir ces désordres, plusieurs mesures peuvent être mises en œuvre :
- Adapter les fondations : opter pour des fondations profondes ancrées en sous-sol stable.
- Gérer l’humidité du sol : installer des systèmes de drainage limitant l’infiltration d’eau sous les bâtiments.
- Surveiller les niveaux hydriques : éviter les plantations à proximité des constructions et contrôler l’arrosage.
Ces précautions sont essentielles pour réduire les risques liés aux sols argileux et garantir la pérennité des infrastructures.
Les risques liés aux anciennes carrières souterraines
Le Val-de-Marne possède un passé marqué par l’exploitation de carrières souterraines, notamment pour l’extraction du calcaire lutétien et du gypse, matériaux utilisés dans la construction parisienne. Bien que ces exploitations aient cessé depuis plusieurs décennies, elles laissent derrière elles un réseau complexe de galeries, souvent mal répertorié et sujet à des instabilités.
Les principaux risques associés aux anciennes carrières sont :
- Les effondrements localisés (fontis) : affaissements soudains provoqués par la rupture de la voûte d’une galerie.
- Les affaissements progressifs : mouvements lents du terrain liés à la dégradation des piliers de soutènement.
Certaines communes comme Vincennes, Nogent-sur-Marne et Fontenay-sous-Bois sont particulièrement exposées à ces aléas.
Pour minimiser les dangers, il est indispensable de réaliser une étude de sol G5, permettant d’évaluer la stabilité des bâtiments concernés. Lorsque des risques sont identifiés, des techniques de comblement des vides souterrains par injection de coulis ou de renforcement par micropieux peuvent être employées.
Les tassements différentiels dans les zones alluviales

Les zones alluviales, situées principalement le long de la Seine et de la Marne, sont constituées de sédiments meubles présentant une faible portance et une forte susceptibilité aux tassements sous l’effet des charges.
Ces sols se caractérisent par :
- Une composition hétérogène alternant limons, sables et graviers ;
- Une compressibilité élevée, amplifiant les risques de déformations différentielles ;
- Une sensibilité aux variations de charge, impactant directement la stabilité des structures.
Dans ces secteurs, les bâtiments et infrastructures risquent de subir des fissurations, des déplacements verticaux et une instabilité des voiries. Pour pallier ces problématiques, plusieurs approches sont privilégiées :
- Utilisation de techniques de renforcement des sols (colonnes ballastées, inclusions rigides).
- Mise en place de fondations adaptées, telles que des pieux ancrés dans des strates plus résistantes.
- Surveillance géotechnique continue pour anticiper les mouvements du terrain.
Une étude de sol G2 est systématiquement recommandée avant toute construction dans ces secteurs à risque.
Les risques d’inondation et leur impact sur la géotechnique locale
Certaines communes du Val-de-Marne, notamment celles bordant la Marne et la Seine, sont exposées à un risque d’inondation récurrent. Lors des crues, l’eau peut saturer les sols, réduisant leur capacité portante et favorisant les phénomènes de déformation des infrastructures.
Les effets des inondations sur les sols et constructions sont multiples :
- Érosion et affouillement des berges, menaçant les fondations ;
- Perte de cohésion des terrains meubles, augmentant les risques de glissements de terrain ;
- Remontées capillaires favorisant la dégradation des structures (corrosion, apparition de moisissures).
Face à ces enjeux, plusieurs stratégies de mitigation sont mises en place :
- Élévation des bâtiments en zone inondable pour éviter les dégâts directs.
- Utilisation de matériaux résistants à l’eau, comme le béton hydrofuge.
- Optimisation des systèmes de drainage, par l’installation de pompes et de cuves de rétention.
En complément, une étude hydrogéologique est nécessaire pour évaluer les interactions entre les eaux souterraines et les ouvrages. Cela permet entre autres de garantir la viabilité des constructions dans ces zones sensibles.
Conclusion
Les contraintes géologiques du Val-de-Marne imposent une vigilance accrue lors des projets de construction. Entre les sols argileux sujets au retrait-gonflement, les anciennes carrières souterraines, les tassements différentiels dans les zones alluviales et les risques d’inondation, chaque projet doit être conçu en intégrant ces spécificités locales.